Le parquet en point de Hongrie séduit par son dessin d’arêtes régulières, hérité des appartements Haussmann. Sa pose demande pourtant plus de méthode qu’un parquet classique : un support irréprochable, un tracé précis et des lames posées en alternance, une à une. Voici comment s’y prendre, quelle méthode de fixation choisir et à quel moment confier le chantier à un poseur.
Les étapes de la pose en bref
Quel que soit le mode de fixation, l’ordre des opérations reste le même. Les sections suivantes détaillent chaque point.
- Contrôler le support : sec, plan, propre, avec un ragréage si nécessaire.
- Faire le calepinage à blanc pour centrer le motif dans la pièce.
- Tracer la ligne centrale au cordeau.
- Poser les premières lames en alternant gauche et droite le long de ce tracé.
- Avancer rang après rang vers les murs, en gardant un joint de dilatation en périphérie.
- Découper les lames de bordure, poser les plinthes et soigner les finitions.
Point de Hongrie ou bâtons rompus : bien choisir sa coupe et son parquet
Dans un point de Hongrie, les lames sont coupées en biais à leurs extrémités, à 45° ou à 60° selon les gammes, puis assemblées pour former des pointes continues. Les bâtons rompus utilisent au contraire des lames coupées à 90° et décalées, ce qui donne un motif de briques en zigzag, plus simple à poser. Le chevron est souvent employé comme synonyme dans le commerce, mais vérifiez toujours l’angle de coupe avant de commander. On ne mélange jamais des lames de 45° avec des lames de 60°.
Côté matériau, le parquet massif en chêne offre la plus longue durée de vie, car on peut le poncer plusieurs fois, mais il se colle ou se cloue et réclame un support très sain. Le parquet contrecollé, avec une couche d’usure en chêne sur un support stable, tolère mieux les variations d’humidité et le chauffage au sol. Il existe aussi des modèles de parquet flottant à clips, pensés pour la rénovation. Les références Haussmann et Opéra renvoient au style classique, avec des lames fines et longues et des teintes claires à moyennes.
Les lames sont livrées en deux versions, l’une pour le côté gauche, l’autre pour le côté droit. Elles sont vendues par paquets mixtes, en général de l’ordre de 70 à 90 mm de large pour 350 à 600 mm de long. Contrôlez à la réception que les deux types sont présents en quantité égale.
Préparer le support avant la pose

Un point de Hongrie se voit de loin, donc le moindre défaut du sol se répercute sur le dessin. Le support doit être sec, dur, propre et plan. Sur une chape ciment, le taux d’humidité attendu se situe autour de 2 à 3 % selon les règles de l’art, et il faut descendre nettement plus bas sur un plancher chauffant. Faites-le mesurer avant de commander quoi que ce soit.
Pour la planéité, comptez un écart maximal de l’ordre de 5 mm sous une règle de 2 m, et de 2 mm sous une règle de 20 cm. Au-delà, un ragréage autolissant s’impose, appliqué sur un primaire adapté. Au rez-de-chaussée ou sur un sol à risque d’humidité, ajoutez un pare-vapeur. En pose flottante, une sous-couche acoustique complète l’ensemble, un point détaillé dans notre dossier sur l’isolation phonique d’un plancher bois. Sur un ancien plancher bois ou un carrelage, nettoyez, dégraissez et vérifiez que tout est parfaitement solide avant de poursuivre (si une reprise s’impose, consultez notre guide sur l’isolation d’un plancher bois, méthodes et budget).
Poser un parquet en point de Hongrie, étape par étape
Tracer la ligne centrale et poser les premières lames
Commencez par un calepinage à blanc : posez quelques rangs sans colle pour juger de l’effet, en tenant compte de la lumière. Un motif orienté face à la fenêtre paraît plus homogène, tandis qu’un motif parallèle à la lumière accentue le contraste entre les lames. Choisissez ensuite l’axe de la pièce ou celui de la porte d’entrée, selon ce qui sera le plus visible.
Tracez la ligne centrale au cordeau, puis une perpendiculaire à l’équerre pour vérifier l’orthogonalité. Posez la première lame de gauche, la pointe sur la ligne, puis la lame de droite accolée. Poursuivez en alternant les lames gauche et droite, sans jamais intervertir l’ordre. Contrôlez l’alignement des pointes toutes les deux ou trois rangées, car une dérive de quelques millimètres s’amplifie vite.
En pose collée, étalez la colle à la spatule crantée par zones d’environ un mètre carré, pour qu’elle ne forme pas de peau avant le contact. Respectez un jeu de 8 à 10 mm au pourtour des murs, qui assure le joint de dilatation et sera masqué par les plinthes.
Coller, clouer ou flotter : quelle méthode de pose ?
| Méthode | Points forts | Limites |
|---|---|---|
| Collée | Stable, silencieuse, compatible avec le chauffage au sol, convient au massif comme au contrecollé | Support très exigeant, aucune reprise possible une fois la colle prise |
| Clouée | Pas de colle, adaptée au massif sur lambourdes ou ancien plancher | Rare en point de Hongrie, lourde à mettre en œuvre, demande de l’épaisseur |
| Flottante | Plus rapide et plus économique, idéale en rénovation avec un contrecollé à clips | Sonorité plus creuse, moins stable sur de grandes surfaces |
Combien de m² commander (et quelle marge de chute prévoir) ?
Le point de Hongrie génère davantage de chutes qu’une pose droite, car il faut recouper les lames en biais le long de chaque mur. Prévoyez une marge de chute de 10 à 15 % sur la surface mesurée, et plutôt vers le haut si la pièce est irrégulière ou comporte beaucoup de seuils et d’angles. Commandez tout en une fois, avec le même lot de fabrication, pour éviter les écarts de teinte.
Pièce de 20 m² : 22 à 23 m² à commander
Avec 10 % de marge, on arrive à 22 m². Avec 15 %, à 23 m². Arrondissez ensuite au paquet entier supérieur, puisque les lames se vendent par lots fermés.
Finitions : vitrifié, huilé ou brossé, et entretien

Le parquet vitrifié forme un film protecteur résistant aux taches, ce qui convient aux pièces de passage. L’huilé garde un aspect plus naturel et se répare localement, mais il demande un réhuilage de temps en temps. Le brossé, lui, accentue le relief du veinage du chêne et masque mieux les petites rayures. Un parquet prêt à poser est déjà fini en usine. Un massif brut doit être poncé puis traité sur place, ce qui ajoute une étape et de la poussière.
Pour l’entretien, un coup d’aspirateur régulier et une serpillière à peine humide suffisent, comme l’explique notre guide pour nettoyer le parquet en bois sans l’abîmer selon sa finition. Évitez la vapeur, qui fait travailler le bois et fragilise les joints entre les lames.
Pose soi-même ou faire appel à un poseur ?
Un bricoleur méticuleux peut poser un contrecollé flottant dans une pièce de taille raisonnable, à condition de prendre le temps du calepinage et de vérifier l’équerrage au fil de l’eau. Dès que l’on parle de parquet massif collé, de grande surface ou de support douteux, mieux vaut un poseur : les erreurs de tracé ou de collage ne se rattrapent pas, et le dessin amplifie chaque défaut.
L’erreur qui ruine le motif
Démarrer la pose sans ligne centrale, en partant d’un mur supposé droit. Les murs sont rarement d’équerre, et la dérive devient visible dès la troisième rangée.
Si vous hésitez, une solution intermédiaire consiste à faire préparer le support par un professionnel, puis à poser vous-même. Le sol est la partie la plus technique, et c’est elle qui conditionne la tenue du parquet dans la durée.





